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Emails hors heures de travail : ce que disent les études en 2026

8 salariés sur 10 reçoivent des messages pro hors horaires. Ce que disent les études sur les emails du soir, le droit à la déconnexion et ce qui fonctionne.

Équipe Scribarius Publié le  4 min de lecture
Professionnel consultant ses emails sur son ordinateur portable en dehors des heures de bureau

Les emails hors des heures de travail ne sont plus une exception : ils sont devenus la norme, y compris dans les pays qui ont légiféré pour les encadrer. Les données disponibles montrent qu’une politique de déconnexion améliore l’équilibre de vie, mais seulement lorsqu’elle est réellement appliquée, ce qui reste rare. Le sujet revient en 2026 avec une décision de la Cour de cassation et la préparation d’un texte européen sur la qualité de l’emploi. Voici ce que disent réellement les études, et ce qu’elles ne disent pas.

Contexte : un droit reconnu, une pratique qui résiste

La France a été pionnière. Depuis le 1er janvier 2017, l’article L2242-17 du Code du travail impose aux entreprises concernées de négocier les modalités du droit à la déconnexion, ou à défaut d’adopter une charte après avis du CSE. Comme le rappelle l’INRS, le Code ne prévoit pourtant aucune sanction spécifique en cas de non-respect de ce droit au quotidien.

Au niveau européen, la Commission a consulté les partenaires sociaux dès avril 2024, puis lancé une deuxième phase de consultation en juillet 2025 pour lutter contre la culture du “toujours connecté”. Aucune directive n’a encore vu le jour. Le sujet pourrait désormais être intégré au futur Quality Jobs Act, dont la consultation s’est achevée le 28 septembre 2026.

Ce que montrent les données

Recevoir des messages hors horaires est la norme

Dans son rapport de novembre 2023, Eurofound a interrogé salariés et responsables RH en Belgique, en France, en Italie et en Espagne. Huit salariés sur dix déclarent recevoir régulièrement des communications professionnelles en dehors de leurs heures de travail, que leur entreprise ait une politique de déconnexion ou non. La loi a donc peu changé le volume de sollicitations.

La journée de travail s’étire aux deux extrémités

Le Work Trend Index de Microsoft publié en juin 2025 décrit une “journée de travail infinie”. Parmi les personnes connectées à 6 heures du matin, 40 % consultent leurs emails pour fixer leurs priorités. À 22 heures, 29 % des actifs sont revenus dans leur boîte. Près de 20 % des salariés actifs le week-end consultent leurs emails avant midi le samedi et le dimanche. Le salarié moyen reçoit 117 emails par jour. Une réserve importante : ces mesures proviennent de Microsoft 365 et excluent les entreprises situées dans l’Union européenne.

Une politique aide, à condition d’être appliquée

Toujours selon Eurofound, 92 % des salariés d’entreprises dotées d’une politique de déconnexion jugent leur équilibre de vie satisfaisant, contre 80 % ailleurs. C’est une corrélation, pas une preuve de causalité. Le même rapport souligne surtout que seule la moitié des salariés concernés ont connaissance d’actions concrètes pour appliquer cette politique : une charte sans formation ni suivi reste lettre morte.

Le juge regarde l’obligation, pas la connexion

Le 25 mars 2026, la Cour de cassation a jugé qu’un salarié qui avait répondu de lui-même à des emails pendant un arrêt maladie ne pouvait pas invoquer une violation du droit à la déconnexion, faute d’obligation de réponse imposée par l’employeur (décision n° 24-21.098, résumée par Service Public). Ce qui compte juridiquement n’est pas la connexion elle-même, mais la pression implicite ou explicite à répondre.

Ce que cela implique pour les professionnels

Si la loi ne réduit pas le volume de messages, l’enjeu se déplace vers les attentes. Une équipe qui précise noir sur blanc qu’un email reçu après 19 heures n’appelle pas de réponse avant le lendemain protège ses membres plus efficacement qu’une charte générique. L’envoi programmé, disponible dans Gmail comme dans Outlook, permet aussi aux managers d’écrire le soir sans que le message arrive le soir.

À notre avis, une partie du réflexe de consulter ses emails tard vient de l’anxiété du lendemain : la peur d’une boîte ingérable au réveil. Réduire le temps nécessaire pour reprendre le fil le matin diminue cette pression. C’est l’un des effets recherchés par des outils comme Scribarius, qui trie les emails et prépare des brouillons de réponse pendant la nuit.

Ce que les données ne disent pas

Les chiffres disponibles ont des angles morts. Les mesures de Microsoft ne couvrent pas les entreprises européennes, et l’étude d’Eurofound porte sur quatre pays seulement. Aucune source solide ne mesure aujourd’hui le temps passé spécifiquement sur les emails le soir en France. La prochaine étape à suivre est la proposition européenne attendue après la consultation sur le Quality Jobs Act. Pour le contexte général, lisez notre état des lieux de l’email professionnel en 2026.

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